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Lettre de bienvenue de Carlos A Azpiroz CostaRome, le 6 août 2005 Aux frères Chrys McVey et Wojciech Giertych Chères sœurs, chers frères, Comme je serai absent au moment de votre réunion, je profite d’un passage à Rome pour vous saluer tous, participants, conférenciers et traducteurs des Journées Romaines Dominicaines de cette année. Vous êtes nombreux à avoir déjà participé à une ou plusieurs sessions précédentes des JRD et la nécessité du dialogue entre croyants musulmans et chrétiens ne fait donc pas de doute pour vous. De fait, c’est largement grâce à votre engagement dans le monde de l’Islam que le dialogue est devenu l’une des principales préoccupations de l’Ordre. C’est le cas depuis les origines de l’Ordre et si, alors, l’accent était peut-être plus apologétique, ce qui reste inchangé c’est notre passion de ceux « qui voient un autre visage de Dieu » et notre engagement auprès de ces « autres ». Le récent chapitre général des frères à Cracovie a loué le travail déjà réalisé par nombre d’entre vous dans ce domaine. Les capitulaires ont noté « que les événements mondiaux récents et le préjudice qui se fait jour par l’assimilation, dans l’esprit de beaucoup de gens, du terrorisme avec des groupes religieux particuliers signifient que nous ne pouvons plus considérer le dialogue interreligieux comme un supplément facultatif à notre mission »... (Cracovie 79). Le chapitre a recommandé que l’on mette l’accent sur cet aspect dès les années de formation initiale, mentionnant tout particulièrement « l’importance de préparer les frères d’une manière plus explicite à des ministères dans un monde globalisé… ; la volonté de dialoguer avec les membres des autres religions et avec les non-croyants » (Cracovie 269) et une Ordination des précédents chapitres, désormais devenue Constitution, insiste pour que les frères se montrent « disposés au dialogue et à toutes les occasions de dialogue » (Cracovie 357 ; LCO 111). Jamais le dialogue et la nécessité d’écouter et d’embrasser l’autre dans sa différence n’ont été si urgents. Notre monde est menacé de perdre toute nuance, rien n’y est plus considéré en termes d’analogie, mais plutôt jugé comme appartenant soit à « nous » soit à « eux ». Ce type d’attitude a pour effet de conduire à l’exclusion et à la guerre. Notre tâche est au contraire d’inclure, de nouer des amitiés. Notre tâche est de défier ceux qui risquent de diviser notre monde en des camps opposés. Si nous acceptons et embrassons ce qui est différent, à la fois dans la joie et la peine du dialogue, le résultat sera la paix à laquelle nous aspirons tous. J’attends impatiemment des nouvelles de votre rencontre et prie pour son succès. Fraternellement, en saint Dominique, Carlos A. Azpiroz Costa OP Maître de l’Ordre |
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